LAO SIU LEUNG PAK MEI KUNE

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lundi 18 septembre 2017

Sifu, professeur, instructeur… la nomination adéquate


        Nous rencontrons en occident un problème, une gêne ou même, un refus de l’utilisation du mot « Sifu ». Il s’emploi dans la tradition pour designer un maitre. Est-ce un terme uniquement appliqué dans le cadre purement martial ? La réponse est non. En chine nous appellerons Sifu, un cuisinier, un chauffeur de taxi… ainsi que toute personne évoluant dans une discipline requérant un certain degré de maitrise.  
Sifu

Mais attention !
Pour décrire un maitre, il existe en Chine deux caractères distincts employant la même prononciation mais déclinant subtilement deux situations. Il s’agit de Sifu 師傅 et de Sifu 師父.

  • Le premier Sifu 師傅  signifie littéralement un  maître /expert, et doit être employé uniquement envers une personne que l’on respecte mais pour laquelle nous n’avons aucun lien d’intimité.
  • Le second Sifu 師父signifie littéralement maitre/père. Dans les arts martiaux, la tradition veut que le maitre soit aussi un modèle de vie, un éducateur, un formateur, un guide ; l’emploie du  terme "Fu" (père) prend donc tout son sens.
Nous observons donc deux termes distincts, dont la différence réside uniquement dans l'emploi du second caractère. La prononciation reste identique, ayant pour effet de créer l'ambiguité.
Nous devons donc utiliser le premier pour une personne que l'on ne connait pas et le second pour son propre maitre. La distinction n'est qu'écrite.

En occident, la difficulté d’utilisation de ces nominations me parait être de deux ordres.
  • Un manque évident d’éducation martiale, une méconnaissance des us et coutumes culturel.
  • Une sorte de fierté très latine excluant du vocabulaire tous titres considérés comme ronflant.

J’ai pu observer que l’utilisation de Sifu s’applique majoritairement à notre propre maitre. J’ai également pu observer que ce terme est utilisé uniquement sur des enseignants ayant pignon sur rue, des personnes renommées dans leur pratique. Il est généralement appliqué plus facilement si l’enseignant est d’origine asiatique. Il ne l’est généralement pas si l’enseignant est plus jeune que soit. Il est utilisé uniquement durant les cours.

Finalement, qui, quand et dans quel cas doit on utiliser la dénomination « Sifu » ?
Dans la pratique, Sifu est un titre. Il doit donc être employé indépendamment du fait d’être ou non l’élève du maitre. Afin de faire un parallèle avec nos coutumes occidentales, pensez à ces quelques exemples : Vous appelez le maire d’une ville : Monsieur le Maire, un docteur : Docteur Dupont, un avocat : Maitre Pena… Indépendamment du fait d’être les vôtres.

Les différents cas :
  • S’il est votre enseignant
  • S’il est un enseignant tout court
  • Si le maitre en question peut facilement vous botter le cul et que son expérience est supérieure à la votre (forme de respect)
  • Avant, durant et après les cours (il est toujours votre enseignant n’est ce pas ?)
  • L'emploi du nom par la femme du maitre, conversant avec les élèves de celui-ci (identique à la mère de famille parlant du père avec ses enfants)


Conclusion
Il existe évidement des maitres de meilleurs et de piètres qualités. Sifu est un titre attribué en Chine à celui qui enseigne, quelque soit son niveau. Rappelons que par le passé, si un maitre est bon, il acquière des élèves, s’il ne l’est pas… (Voir l’article : Qu’est ce qu’un maître de Kung-fu)

http://fatsanpakmeikune.blogspot.fr/2010/12/quest-ce-quun-maitre-de-kung-fu.html

Ce qui peut être considéré en occident comme un titre ronflant est simplement une manière de montrer notre respect à quelqu’un d’expérience. C’est l’usage en Chine depuis des siècles.  A l’écrit, rappelons juste d’accorder notre attention au bon caractère, dans la bonne situation.

Si nous nous targuons de pratiquer des arts martiaux traditionnels, respectons les règles,  ne piochons pas dans la tradition que ce qui nous intéresse.


  

mercredi 30 août 2017

Le chemin vers la connaissance


          En ces dix ans d'enseignement, j'ai pu constater une chose. Les élèves ayant dépassé la première année d'apprentissage (donc revenues la rentrée suivante) voient une baisse de leur fréquentation aux cours après la troisième année.

Je diviserai les phases d’apprentissage de la manière suivante :

-1er année: découverte, la pratique est nouvelle, cela semble difficile mais nous sommes motivés, nous nous accrochons. Si l'on passe cette première année...
-2eme année: Les choses se mettent en place, nous progressons, toujours l'engouement de la découverte mais surtout des premières vraies sensations.
-3eme année: au cours de celle-ci, la pratique ne nous semble plus tout aussi nouvelle. L’excitation du "premier rendez vous" est moins présente.
-4eme année: maintenant, il faudra une vraie passion pour continuer de joindre les cours et accepter que dorénavant, la progression se fera petit à petit, sans s’en rendre compte.
ET POURTANT! La progression et la découverte n'en sont qu'à leurs débuts.

Le développement de l’élève
Considérons l’art martial comme une lame. La pratique se compose dans les grandes lignes de deux phases distinctes : la forge et l'affûtage. Lors des premières années de pratique l’arme prend son aspect général, nous forgeons sa forme. Cette phase dure plus ou moins longtemps selon les individus et développe la structure de corps propre au style étudié. Si l’arrêt n’est pas trop prématuré, nous avons réussi à forger la forme. Ceci ne peut être perdu, ce qui est acquis l’est définitivement, c’est profondément ancré. Ensuite, vient la période d’affûtage, nous l’aiguisons lors de notre pratique quotidienne, réflexes, précision, coup d’oeil.... L’efficience provient de l’affûtage.

Avec l’arrêt, la lame s’émousse forcément, comme un couteau avec le passage du temps, mais maintenant plus de danger, c’est superficiel, il nous suffit simplement de reprendre l’entrainement sérieusement pour retrouver les sensations perdues et remettre en place ce qui ne l’est plus.

Du point de vu du professeur
Ce que je m’apprête maintenant à dire peut choquer à la première lecture, mais laissez moi développer. L’enseignant enseigne, c’est sa tâche et il doit le garder à l’esprit.
Il voit durant ses années d’enseignement plusieurs générations d’élèves se succéder.
De ces différentes générations, peu seront les élèves qui iront au bout de leur pratique, qui termineront le curriculum. L’enseignant doit comprendre cela dés ses début. Chacun joins le cours pour des raisons qui lui sont propres. Certains pour la self défense, certains autres pour l’art, la culture ou encore pour le lien sociale que l’école procure. Les élevés vont et viennent suivant leurs envies ou leurs obligations de travail et familiales.
Afin de ne pas être désabusés par le manque de régularité ou l’arrêt prématuré de la pratique (tout professeur connaît cela), il faut considérer l’enseignement avec égoïsme. Ne pas enseigner pour l’élève, mais pour sois.
Je m’explique.
Enseigner est et restera toujours le don d’une connaissance à une tierce personne. Ce qui change c’est la manière dont vous appréhendez la chose, si vous enseignez par amour de l’enseignement, n’attendant rien de l’élève, c’est à vous que vous faites plaisir et vous n’êtes pas désabusés par le manque de sérieux ou l’abandon fréquent. L’élève prend ce qu’il a à prendre et celui qui va au bout à toujours tout à y gagner. Simplement, l’angle de vue change et vous n’avez pas le sentiment de perdre votre temps.

Un accès à la connaissance
Je possède à ce jour un curriculum d'exactement 98 formes mains nues et armes confondues.
- Un style inconnu en Occident avant ma visite en Chine, rare et profond, ayant un degré de technicité et d’efficacité incomparable. 
- Un éventail d’armes classiques extrêmement rare pour une majorité d’entre elles.
- Des connaissances techniques de contrôle et soumissions chinoises (les Qin Na).
- Le partage de l'expérience du combat de rue acquis quelque fois durement.
- De l’histoire et de la culture, résultant de recherches lors de nombreux voyages.

Une connaissance que je considère comme étant un trésor d’une grande valeur acquise auprès de différents maîtres de qualités. Ca m’a coûté du temps, des efforts, des sacrifices.
Je ne suis pas un gardien de trésor et j’enseigne tout ce que l’élève peut absorber, sans égoïsme et sans restriction.
Néanmoins il faut bien comprendre que l’apprentissage prend du temps, pour avoir accès à l’ensemble il faut posséder une réelle passion.

Ceci étant dit
Merci aux élèves présents de l’être.
Pour ceux ayant quittés les cours, désireux de revenir mais craignant de devoir recommencer, gênés de demander à revoir ce qu’ils ont oublié : revenez ; ce sont des considérations absurdes, je le répète, l’enseignant enseigne, c’est sa tâche.
Nous nous voyons à la rentrée.



lundi 7 août 2017

Le 6eme ouvrage: Les doubles poignardes volants 雙飛匕首

          
J'ai le plaisir de vous présenter mon dernier ouvrage de la série traitant sur la pratique des armes anciennes chinoises: "Les doubles poignards volants".



Voici un petit résumé:

             Le poignard trouve son origine en des temps immémoriaux. Simple d’utilisation et facilement dissimulable, il est naturellement devenu l’arme de dernier recours des soldats de l’empire du milieu. Les chinois en ont développé au fil du temps des techniques meurtrières d’une finesse jamais égalée.

La forme présentée dans cet ouvrage « Les doubles poignards volants » Seung Fei Pei Sao » 雙飛匕首 provient de l’enseignement de maitre Mai Yu Keung de Foshan. Routine féroce et effective, ses mouvements n’en sont pas moins élégants et très démonstratifs. Une routine tout aussi intéressante du point de vue technique que visuel.

Au-delà d’un simple aide mémoire, cet ouvrage contient des informations sur l’historique de l’arme, présente des exemples de poignards anciens, la forme, les applications pratiques…


Découvrez l’utilisation de l’arme des assassins chinois des dynasties passées au travers des 88 pages et 147 photos.   

Pour vous le procurez cliquez sur le bout



vendredi 9 juin 2017

Vous avez dit violence ?


             Aujourd’hui, pas d’histoire des guerriers anciens, nous allons faire dans le pragmatique, la réalité (n’en déplaise) de notre monde moderne.


L ‘analyse de la violence est un sujet que je traite depuis longtemps. L’intérêt que j’y porte est dû, je le concède, peut être à mon caractère quelque peu belliqueux. C’est d’ailleurs je pense, une des raisons qui me poussa à exercer très tôt mon métiers de « videur ». L’adrénaline ressentie lors d’une altercation était quelque chose que je recherchais abondamment.

En aillant fait l’expérience sur la majeure partie de ma vie, je l’ai observé, j’ai tenté de l’apprivoisé, de la comprendre… mais surtout, j’en ai tiré des enseignements et conclusions sur la nature de l’homme et son rapport à la peur.

J’envisageais un nouvel article sur le sujet depuis longtemps, et une lecture très intéressante m’a fait faire le pas. Il s’agit d’une interview de Monsieur Gérard Chaliand, un homme qui à vécu de l’intérieur les conflits majeurs des 50 dernières décennies. Il y parle du moyen orient, bien sur... mais également de la guerre du Vietnam,  de la stratégie de Mao mais également du constat qu'il fait de notre société ramollissante... Je me suis retrouvé dans cette interview des opinons communes avec Monsieur Chaliand.

Je suppose que lorsque nous avons expérimentés la violence, de façon franche et honnête avec nous même, nous ne pouvons que tomber d’accord n’est ce pas ?
Vous trouverez donc dans cet article une présentation des différents types de violences et comportements, des phénomènes psychologiques attenants ainsi que des clefs pour pouvoir au mieux l’appréhender et y faire face.

Premier constat :
La peur maladive de la violence dans notre société, une anxiété exacerbé rien qu’à l’idée de devoir la rencontrer et c’est la faute de la société.

Dans l’interview, Monsieur Chaliand donne d’excellents exemples :

-          « Shakespeare avait dit que la prospérité et la paix produisent des couards. Autrement dit, des trouillards. On a vécu une longue période de paix – très bien, j’en suis très content – mais ça ramollit. »

Ou encore suite à cette question posée :

« Est-ce que cette fascination pour la violence de Daech, démontrée par son traitement médiatique, ne renvoie pas au refoulement de la violence que nous avons opéré ces dernières décennies dans les sociétés européennes ?
-          Il y a de ça, certainement. Mais les sociétés européennes sont d’une sensiblerie quasi-maladive : on ne peut plus rien supporter. À la campagne, jadis, égorger un poulet, c’était aussi normal qu’aller faucher le blé. Aujourd’hui, vous dîtes à un type de n’importe quelle université, « On va manger un poulet mais il faut l’égorger ». Il vous répondra « Ah non ! Pas moi ! »  J’ai vécu pendant trois mois dans la forêt amazonienne. Toutes les nuits, vous entendez le cri des bêtes qui se mangent entre elles. Toutes les nuits, les carnivores chassent et tuent. La nature répond au même rapport de force que nous. Le monde, ce n’est pas Bambi, mais on a fini par vendre du Bambi partout. Il y a des individus pour qui la violence est un concept. Mais la violence, ce n’est pas un concept. Vous parlez avec des types qui sont passés des bancs de l’école au fauteuil du bureau, et qui n’ont jamais reçu une claque de leur vie. Vous pensez qu’ils vont prendre des décisions politiques courageuses ? Je ne le crois pas. »

  A cette merveilleuse explication j’ajoute que nous somme conditionnés depuis le berceau à réprimer toutes formes de violences, même les plus légitimes. On nous hôte depuis le départ le DEVOIR de nous défendre lorsque cas échéant, nous avons à le faire. Dès l’école, lors d’affrontements avec les camarades, les sanctions sont identiques, à tord ou à raison. Nous sommes conditionnés, vivant dorénavant dans une société aseptisée ou la nature de l’homme, n’a pas la moindre place. Je ne fais bien entendu pas l’apologie de la violence, je cherche par là, à défendre un DROIT fondamentale qu’est celui de pouvoir se défendre (ainsi que les siens) lorsque la menace se fait sérieuse.
Des différents rapports d’expériences qui me sont fait, plusieurs comportements reviennent. Selon moi, ils sont toujours liés au constat cité plus haut. Ceux-ci sont : la peur de représailles, la peur de faire mal, la peur tout court.

La peur des représailles peut être de deux sortes : les représailles judiciaires, les représailles physiques.

Les représailles judiciaires : ici en liens direct avec la société. Pour ceux qui auraient conservé l’instinct primaire d’utiliser la violence au moment opportun, ici se trouve le garde fou. La loi est un mal nécessaire certes, nous ne pouvons pas vivre dans un monde ou s’applique la loi du plus fort. Mais l’effet pervers en est que le seul poussin à en être étouffé dans l’œuf et celui qui la respecte ! Car comme l’a constaté un philosophe Grec il y’a de cela III millénaires, « La toile de la justice n’arrête que les faibles ». Le bon citoyen la respecte, l’autre… n’en a que faire. Je vous laisse y méditer…

Les représailles physiques : Le second frein se trouve ici. La majeure partie de la société aspire à vivre dans un environnement calme, sans soucis. Ce n’est pas le cas du petit voyou qui vit de larcins. Celui là est habitué aux problèmes de tout type et il vit avec. Sa limite de la « pression supportable » est supérieure à ceux de la première catégorie ; question d’expérience. Ici encore, les récits des expériences d’altercations qui me sont rapportés sont unanimes, « je n’ai pas passé le cape pour tel ou tel raison », la chute de l’histoire est toujours chargée de bonnes raisons. En réalité, c’est de la peur dont il s’agit. Ici encore, à trop réfléchir aux conséquences, nous nous transformons en gentils petits agneaux, prêts à se faire dévorer. Un moment donné, ravalez vos raisons et faites ce que vous avez à faire.

La peur de faire mal : Là c’est intéressant car c’est en liens direct avec l’étouffement de la société et la peur des représailles judiciaires conjointement liés. Conditionné depuis l’enfance à ne pas montrer le moindre signe de protestation et réprimer toute sorte de violence, la peur de faire mal est une  expression de la frustration. La gravité ici se trouve dans la non-proportionnalité de la réponse à une agression. L’adversaire veut lui vous faire mal, mais vous… non, pas trop… Un combat totalement inégal qui se solde généralement par une défaite. Je ne le répéterai jamais assez : perdre dans la rue n’est pas une option envisageable. Nous ne sommes plus dans la cours d’école du CM2.  
La peur : La peur est due au manque de préparation vis-à-vis de la violence dans notre société aseptisé. Nous sommes des animaux, avec un cerveau certes, mais des animaux, avec des individus a tendance dominante et d’autres dominé. Lorsqu’une situation de nature violente se présente, nous sommes formatés à aller nous plaindre auprès des instances, déposer des plaintes sur des propos diffamatoires, ou de caractère à violence verbale... ça en dit long sur notre capacité à nous défendre par nous même…

Différents types de violences
La violence revêt plusieurs aspects, mais surtout comporte différents degrés. Il faut bien savoir les distinguer et comprendre qu’ils ne se gèrent et surtout, ne se vivent pas de la même façon d’un point de vue psychologique.

L’altercation avec un individu : C’est un choix, nous voulons nous confronter, lui aussi, c’est un duel de gladiateur. Accepter ou décliner le combat sont des choix possibles. Nous nous soumettons, abandonnons ou engageons l’affrontement. Il faut faire le choix, parfois difficile de déclencher les hostilités, ça à comme bénéfice de donner l’avantage. C’est un choix difficile car une fois enclenché, nous ne pouvons plus faire marche arrière, avant cela, si l’autre ne démarre pas, nous avons encore une chance d’y échapper.

L’agression : Elle est souvent sournoise, rien de noble et généralement par surprise. C’est la plus difficile à appréhender. Soit nous avons les bons réflexes, soit…

Le phénomène de groupe : Dans les banlieues nous avons à faire à des bandes, des groupes d’individus. Des gens se motivant les uns les autres mais surtout, essayant de montrer au reste de la meute qu’ils sont eux, de vrais durs. Le problème ici, c’est que la barre monte de façon exponentielle, les limites sont poussées par la surenchère de son image dans les yeux de l’autre, conforté avec un sentiment de puissance. N’importe quel homme peut se faire prendre au piège, les individus mis en cause ne sont pas toujours de gros durs, croyez moi.

L’illusion de grand méchant loup : Généralement l’opposant est comme nous. Quelque fois il revêt un visage hideux, il a un physique supérieur, il le sait et il s’en sert. A de rares exceptions prêt, il est comme nous, pas plus déterminé mais il a l’habitude d’aboyer et d’impressionner de ce fait la galerie. Ces prédateurs cherchent des proies à leur mesure. C’est le cas le plus majoritaire.

Le vrai dominant : Le vrai problème est ici. Il veut en découdre, se moque des conséquences et est déterminé. Son but est de gagner, quoi qu’il en coûte. Ses limites sont bien supérieures à la moyenne. La majorité des gens connaissent la peur, le malaise, face à une situation violente. C’est normal, au moins la pression ressentie. Nous ne sommes pas égaux, ni dans la manière de la ressentir, ni dans la manière de la gérer. Si vous n’y avez eu affaire que de façon très épisodique, que vous avez une vie de familiale rangée, un chien et êtes propriétaires d’un petit pavillon, vous n’aurez pas les mêmes limites que celui qui à été traîné de foyer en foyer, obligé de voler pour se nourrir... vôtres monde n’est pas le siens et vos perceptions très différentes. Lors de l’accrochage, les limites seront différentes, l’un n’a pas grand-chose à perdre et connait déjà les instances judiciaires, ça ne lui fait pas peur outre mesure, vous, vous avez tout à perdre. C’est ici que cela devient intéressant. Naturellement, l’un prend la place d’un dominant, l’autre, automatiquement d’un dominé. Si ce n’est pas le cas, la seule solution possible c’est le contact direct.

L’escalade de la violence : La violence ça s’escalade, c’est comme le crime. Un acte qui aurait pu vous choquer lors de sa première rencontre se banalise par la répétition. Dans mon métier je l’ai vécu. Lorsque la moyenne française de confrontation physique à l’âge adulte est de deux fois sur toute la longueur de sa vie, c’est le tarif d’une seule nuit de travail pour n’importe quel portier de discothèque. Forcément, le rapport à la violence et la différence d’expérience avec monsieur lambda est incomparable. Une situation qui ferait frémir la moitié de la population est d’une banalité désobligeante pour quelqu’un qui la rencontre fréquemment.

Les méthodes pour l’endiguer/les comportements à adopter
Premièrement, il faut comprendre dans quelle situation nous nous trouvons, face à quel type de personnalité afin de faire les bons choix. Il faut comprendre que le respect s’obtient par la peur, c’est malheureux mais bien réel.

80% des altercations physiques sont évitables. Cela dépend simplement de l’attitude adoptée.

L’affrontement je le répète est un jeu de dominant/dominé dans la majeur partie des cas. Si vous ne faites pas front, l’adversaire se sent en position de dominant et en abuse.
Je vous parlais plus haut des crocodiles, majoritaires en réalité. De faux dominants. Ca parle fort, ça bombe le torse, ça jure et menace. Il est relativement facile de mettre un terme définitif au comportement : s’imposer de façon clair, montrer que nous serons présent jusqu’au bout, quelque soit l’apparence qu’il revêt ou le nombre d’individus. Sinon la baf ! Elle fait redescendre très vite lorsqu’elle claque bien.
 Ces individus sont habitué à vociférer se faisant passer pour des dominants, mais lorsqu’ils en croisent un vrai... ou un qui à l’être d’en être un, c’est la débandade. Tout à coup, ils se font tenir tête ouvertement, stoïquement, et ils n’ont en réalité pas les ressources physiques pour aller au bout car habituellement ils ne dépassent pas la phase d’intimidation. Ils ne savent pas combattre, car ils n’en sont jamais arrivés là avec des clients sérieux. Ils ne sont pas sur d’eux et vous ne tardez pas à le comprendre. Ça discute, discute…discute... mais il ne se passe rien. Tout son petit monde est ébranlé, c’est déroutant. J’en ai croisé des quantités astronomiques…

Lorsque vous croisez un vrai dominant… et que vous ne voulez pas vous soumettre, pas d’autres choix que d’utiliser la violence. Votre intention doit être supérieure à la sienne. Que le meilleur gagne. Dans ce cas précis, celui qui à l’expérience aura un avantage sur l’autre. Encore une fois, la violence ça s’escalade et Bambi ne mangera pas un tigre.

Pour le reste des cas il faut être vigilant, ne pas rentrer dans la psychose mais se « méfier sereinement » des comportements qui vous entourent.

Sur ces conseils, faites attention à vous… mais ne vous laissez pas faire, car il y’a pire rôle que celui gerbant de bourreau : il y a celui de victime.



mardi 17 janvier 2017

La norme martiale actuelle

          Existe t’il une unique façon de se mouvoir et de développer des techniques ? Une seul chemin vers l’efficacité ? Une seule méthode de production de puissance ? 
Les normes acceptées par tout un chacun se réunissent généralement autour du même axe. 
Et pourtant..

En effet, de nos jours, une grande majorité de jeunes pratiquants se tournent vers les nouveaux systèmes de combats libres. Acceptés aujourd’hui par tous comme étant « la norme » en matière d’efficacité a pour effet d’en donner une vision réductrice et par là, porte atteinte au développement des arts de combats et des méthodes n’étant pas dans la même lignée de travail. 

Le MMA (mix martial art) et autres combats libres est-il l’unique voie pour arriver à se défendre efficacement dans un affrontement réel ? Je ne le pense pas. 
Attention, ne vous méprenez pas, la question n’est pas de savoir si la pratique du MMA peut ou non rendre un combattant apte à se défendre sur le terrain de la réalité. Il va sans dire que la réponse est bien entendu oui. L
(Je tiens à rappeler pour l’occasion que quelque soit le véhicule emprunté c’est d’abord la capacité de l’homme à l’utiliser qui fait la différence. Ce sujet ayant été abordé plus qu’il n’était nécessaire de le faire, je ne perdrais pas de temps dessus).
  La question est donc plutôt de déterminer si c’est la seule voie de travail. 

Une richesse infinie 
Pour ce qui est de mes connaissances, ne réunissant humblement que les styles chinois, cela prouve le contraire. 
La Chine possède une superficie d’une grandeur de 17 fois celle de la France. Une géographie plus  
varié que ce qu’il est possible d’imaginer : des plaines, des déserts, des montagnes, des forêts ,des côtes... Il est généralement admit qu’il existe entre 300 et 400 styles de kung fu différents. La réalité est bien au dessus. Des styles provenant de non moins 56 ethnies différentes. Chaque style est créé selon un besoin qui lui ai propre. Les styles pratiqués sur les bateaux, dans les rizières... Sont évidement différents des styles pratiqués dans les grandes plaines du nord. 
Bien entendu, je ne considère pas comme étant recevable sur le point de l’efficacité la totalité de ces styles chinois, mais mon intérêt se porte quelques fois sur des styles totalement différents, voir opposés dans le schéma bio-mécanique et tactique. J’ai l’habitude de dire : si ça fonctionne, ça fonctionne !

Nous pouvons donc observer des similitudes entre différents styles provenants de mêmes régions où de mêmes peuplades. Les boxes ethniques Miao sont très similaires , les styles dit de Wudang ont également tous un goût très commun. Les boxes des provinces au fort passé militaire en gardent un 
héritage profond.

D’innombrables méthodes de production de puissance 
Des familles de systèmes bien différents, provenants des quatre coins de la Chine, néanmoins, il existe de grands courants ayant des principes communs comme par exemple les boxes de l’ethnie Hakka provenantes de la province du Fujian, développant la force via une position en arc du dos. 
Il est également possible de créer de la puissance par la taille, de déplacement rectiligne, des mouvements en balanciers ou d’un mouvement de corps créant une force de fouet. 
Il existe donc une fooltitude de manières de travailler et de créer de la puissance. 
De mes années de pratique et de voyages, je fus surpris à plusieurs reprises par des maîtres et des méthodes de productions de force quelques fois complètement opposées. J’en ai donc conclu d’expérience que de nombreux fonctionnements très différents sont recevables. 

Techniquement
Du point de vue technique, comme je le mentionnais plus haut, il faut également prendre en compte le « milieu » dans lequel nous nous débattons. Le pratiquant émérite de techniques de jambes se trouvera en forte difficulté dans un espace clos type sasse de sécurité ou ascenseur. Un lutteur se fera lyncher en cas d’affrontement avec un nombre d’adversaire supérieur à deux. Pour être apte à se défendre en toute circonstance il faut pratiquer un style travaillant les trois distances, le jeu de main, de pied, les clefs articulaire... un style le plus complet possible

La raison de la non popularisation 
La médiatisation joue bien entendu un rôle ultra important dans l’image que tous considèrent comme ce qu’étant le plus valable.

Les revues spécialisés elles, mettent en avant « la mode ». Cette « mode » est dictée par l’argent et le 
sensationnel. La communication autour du MMA et l’argent qu’il génère le met sur le devant de la scène. L’authenticité des vieilles méthodes, n’ayant à ce niveau là (financier) rien à apporter, se font étouffer sous la machine. 

Parallèlement, la pauvreté des informations sur les boxes traditionnelles que l’on peut trouver dans ces mêmes revues spécialisées ne donnent là encore qu’une vision réductrice de l’infinie richesse des différentes voies que l’art pugilistique propose. 
Des dizaines d'années de parution d’articles tournant inlassablement autour des mêmes pratiques, Karaté, Taekwondo, Judo, Taijutsu, Jiujutsu... de mêmes experts abordant les mêmes sujets depuis vitam-aeternam. Lorsque il est abordé un style un peu différent, c’est généralement une « nouveauté » au sens péjoratif où je l’entends, un style créé très récemment n’ayant aucun recule supr le terrain de 
l’efficacité réel. 


Enfin, de ce constat triste, en résulte une pauvreté technique, une perte immense sur le plan culturel et identitaire. Vous l’aurez comprit c’est selon moi un formatage de masse vers le bas. Certainement un reflet de la société dans laquelle nous vivons n’est ce pas... ?

Je conclurai en avançant que les chemins vers le but ultime à atteindre qu’est l’efficacité sont nombreux. Vos normes, ne sont pas les miennes.  

lundi 25 avril 2016

The new self-defense crooks



       Those last few years, a new « tendancy/inclination » in the art of fighting appeared. Quite demonstrative in videos, they rouse the interest of practicioners without experience of fighting in reality. For my part, I found them inconsistent.

Let me explain…

Those different methods are based on softness and extreme relaxation, the « soft strenght ».As far as I am concerned, I would name it the « chewing-gul strenght » The theorie sums up into yielding to the assaults, being as relaxed as possible to absorb punches, and being also all that relaxed in executing your own punches Some very cute and nice theories as long as they stay… theorical. From my point of view, clearly unappropriate in real life defense.

 You can be admirative for those videos (very often filmed during a seminar), an incredible fighter hits totally free-of-tension/relaxed partners. An assistant is waiting gently to get the soft punch in his solar plexus. This same assistant still fully relaxed, keeps on waiting to get bullied in diagonal ways, totally unable to control his balance form his relaxed state. And what about those teachers avoiding knife hits, contorting like modern dancers with the speed of a snail under Prozc? 
At some other times, we can see smaller guys, quite fast, but demonstrating on static people only, that never honestly attack them.
  
The saddest part is that average people stay mouth-opened watching this, very sure they just entered a incredible fighter seminar.

Reality point of view. 
Always be sure to distinct hitting a relaxed body waiting to get hit, and an upset and aggressive opponent, thrown at you full speed, all his muscles tensed as a bow..
In a real fight, the impact power is fundamental.
Some situations allow you to dam up the fight with small punches linked to a loosened state, I name it « micro-bursts ». They work only in one case: when you surprise your opponent: if your potential opponent is taken by surprise, then his body will be relaxed. But in a real aggression, forget it. It won’t be enough.

To understand clearly what I am saying, please imagine the following : did you ever hit unintentionally your tibia when you are not fully awake in the morning? The pain is intense.  Now imagine the last time you fought in your martial art school. The same tibia got the same kind of blow (wich is painfull), but this blow would never have made you out of fight.


I am going to tell you now, for the first time, an anecdote picked up from my own experience. My goal here is not to set an apology of violence, and my anecdotes come for the most part from my job as a bouncer, that I am still working occasionally today in several night clubs.
The violence I had to display was not a choice, but a necessity.


 The story took place two years ago, while I wa visiting a friend of mine, physionomist in a local pub. A few minutes after I entered the pub, I could witness an altercation between the owner of the pub and a client. This client, certainly thinking the owner of the pub (64 years-old) had no valuable reason to ask him not to leave the place with his glass, found nothing better to do than punching him with a powerful right hand, the glass still in his hand. The owner got thrown on the ground, with his left cheek totally broken, as we discovered later, after his surgery and four days in the hospital. My friend and I caught the agressor that was trying to get away. Of course, he was very determined (and accessorly under cocain) and had no intention to let us stop him. From this moment, we both had the feeling to fight with a mad dog. Believe, nor my friend, nor I are young kids in this kind of confrontation. Finally we swipped the guy to the ground and punished him hard. I found myself on top of him, my fingers deep in his throat, holding his trachea. My opponent, his face bloodier than red meat, was shouting at me, promising that once he could stand up, he would kill me. Every time I was loosening my grip, he was trying to stand up, full of blood, leaving me with no choice than hitting him again and again. Finally I made a definitive but necessary solution, an ankle lock that I pushed to the breaking.
 Police took long to come this time, and the altercation lasted something like half-an-hour between the moment it started and the moment he left in ambulance.
We found out later that the unfortunate guy had been out of jail the week before, after five years there for murder attempt. He had attempted to cut the throat of another guy.


This anecdote, quite dark, is there to make you understand and get fully conscious of reality in an extreme situation, with a determined opponent, under drugs, that feels pain in its final form only. Do I expect to stop the action using flabby style? Of course not.

What I am blaming those new styles and their instructors for is that they are trying to sell to impossible as possible. Minimizing movements and lack of energy are two very different things they are trying to sell as one and only.

People entering those seminars show no trace of sweating, and thinking afterwards that it’s possible to train and defend themselves without effort.
And even if starting a fight can be a way to defend yourself, an aggressor really becomes an aggressor when he hits you. We can not build our defense strategy on attacking only. From a realistic point of view, this is too  reducing.

Please, keep this text in mind and always keep a critic eye with the new videos. Always remember that whatever looks too easy and simple hides something.

Now, it's time to practice!


dimanche 24 avril 2016

Les escrocs des nouveaux systèmes de self défense

           Ces dernières années, une nouvelle tendance d’art de combat dit « souple » a fait son apparition. Relativement démonstratifs en vidéo, ils excitent l’intérêt des pratiquants sans grande expérience de la réalité. Je les trouve pour ma part inconsistants.

Je m’explique…

Ces différentes méthodes sont basées sur la souplesse et le relâchement extrême, la force souple...Pour ma part je l’appellerai force chewing-gum. La théorie se résume à céder sous les attaques, à être le plus relâché possible pour l’absorption des coups et d’être tout aussi relâché dans l’exécution des frappes. De gentilles théories sympathiques tant qu’elles restent théoriques. Pour moi, clairement inapplicables en défense réelle.

Vous pouvez admirer dans ces vidéos (bien souvent de séminaire), un incroyable combattant qui frappe sur des partenaires totalement relâchés. Un assistant ou un membre de l’auditoire qui attend gentiment de recevoir le coup de poing relâché en plein plexus. Qui attend toujours aussi relâché de se faire bousculer des deux mains sur des diagonales dont il ne peut contrôler le centre d’équilibre ou encore, l’enseignant qui esquive des coups de couteaux en se contorsionnant comme un danseur contemporain à la vitesse d’un escargot sous prozac.
D’autres fois, de petits gabarits assez vifs mais ne démontrant toujours leur techniques uniquement que sur des adversaires statiques, n’attaquant jamais.
    L’auditoire reste bouche bée après avoir assisté à ce type de démonstration pensant qu’ils ont assistés à un séminaire d’un incroyable combattant.

Du point de vue de la réalité
Faites une distinction claire entre la percussion d’un corps détendu attendant le coup et un adversaire énervé, lancé à toute vitesse les muscles tendus comme des arcs.
Dans un affrontement réel, la puissance d’impact est primordiale.
Il est dans certains cas possible d’endiguer l’affrontement avec de petits coups liés au principe de relâchement, j’appelle cela les micros explosions. Cette méthode fonctionne strictement dans un unique cas : l’effet de surprise. Si le, ou les adversaires potentiels sont pris de vitesse (donc par surprise), leur corps sera détendu. En revanche, lors d’une agression caractérisée et déterminée cela s’avérera insuffisant.

Afin de comprendre ce que j’avance, il faut vous mettre en situation. À qui n’est-il jamais arrivé de se heurter le tibia par mégarde dans le pied du lit le matin au réveil ? La douleur est intense. Par contre, lors d’un combat au sein de l’école, dans une attitude déterminée, l’esprit naturellement prédisposé, ce même choc (bien que douloureux) ne vous mettra pas hors de combat.

Je vais vous faire part pour la première fois par écrit, d’une anecdote tirée directement de mon expérience personnelle. Notez bien que mon but n’est bien évidement pas de faire l’apologie de la violence et que mes anecdotes sont liées majoritairement au travail que j’ai exercé et continu ponctuellement d’exercer dans divers établissements de nuit. La violence dont j’ai dû user à certains moments n’a pas été un choix mais une nécessité.

L’histoire se déroule il y a deux ans, lors d’une visite que je rendais à un de mes amis physionomiste dans un établissement de nuit. A mon arrivée je suis témoin d’une altercation entre un client et le patron du bar. Le client ayant considéré que le patron de l’établissement (âgé de 64 ans) n’avait pas à lui demander de ne pas partir avec son verre, il lui décoche une puissante droite, verre en main. Le patron accusant le coup se retrouve projeté au sol avec, nous l’apprendrons par la suite, la pommette gauche enfoncée nécessitant une opération et quatre jours d’hospitalisation.
Avec mon ami, nous interpellons l’agresseur qui tentait de s’enfuir. Bien entendu, celui-ci déterminé (et qui s’avérera par la suite être sous cocaïne) ne se laisse pas faire. À partir de là, nous avions le sentiment de nous battre avec un chien enragé. Croyez-moi bien, ni mon ami, ni moi ne sommes des lapins de six semaines dans ce genre d’affrontement. Finalement, nous balayons l’agresseur au sol le corrigeant sévèrement. Je me retrouve au- dessus de lui, les doigts plantés dans sa gorge lui saisissant la trachée à pleine main. Mon opposant, le visage transformé en steak haché, me fixait les yeux injectés de sang, m’injuriait, me promettant qu’une fois relevé  « il me crèverait ». Et à chaque fois que nous relâchions l’étreinte, il tentait de se relever, couvert de sang, nous obligeant à y revenir et revenir.... Au bout du compte j’opte pour une solution définitive mais nécessaire, je saisis sa cheville droite y effectuant une clef articulaire que je pousse jusqu’à la rupture...
L’arrivée de la BAC de nuit a été longue cette fois là, l’altercation a duré une demi-heure entre le début et son départ dans le véhicule des pompiers. Sur ce temps, pas une seule seconde il n a fermé l’œil, pas de perte de connaissance, rien.
Il s’avèrera par la suite que notre infortuné adversaire sortait tout juste de prison la semaine précédente ayant purgé une peine de cinq ans d’emprisonnement pour tentative de meurtre. Il avait tenté de trancher la gorge de sa victime à la sortie d’un lycée de notre région. 

Cette anecdote, assez glauque, est destinée à vous faire prendre conscience de la réalité d’une situation extrême, mettant en scène un adversaire déterminé, sous produit, qui ne sent la douleur que dans sa dernière expression. Si j’imagine une seule seconde à ce moment-là pouvoir endiguer l’action usant de styles mollassons ? La réponse est bien entendu non, à aucun moment.

Ce que je reproche donc à ces nouveaux styles et instructeurs est qu’ils essaient de vendre l’impossible comme étant possible. L’économie de mouvements et le manque d’énergie dans l’application des techniques sont deux choses très différentes qu’ils tentent de faire passer pour unique. Les stagiaires des séminaires de ce type ne versent pas une goutte de sueur lors du stage et pensent après coup qu’il est possible de s’entrainer et de pouvoir se défendre sans efforts. De même, bien que démarrer une action puisse être un acte de défense, une agression est quand même majoritairement considérée en tant que telle  quand l’agresseur vous porte des coups. Nous ne pouvons pas miser l’ensemble de notre défense sur notre attaque en tentant de prendre par surprise un adversaire relâché. Du point de vue de la réalité, c’est très réducteur.
Malgré tout, afin de tenter de faire l’avocat du diable, je dois avouer que je ne suis même pas certain que ces enseignants soient, pour la majorité, conscients de l’irréalisable de leurs techniques...  Et dans les cas où ils le sont, je trouve cela gravissime, nous sommes confrontés à une fraude et une escroquerie caractérisée.

S’il vous plaît, dorénavant gardez ce texte en tête et regardez toujours avec un œil critique les videos qui sortent. Gardez toujours en mémoire que si ça paraît trop simple, c’est souvent qu’il y a anguille sous roche.


Maintenant, retournons pratiquer !