LAO SIU LEUNG PAK MEI KUNE

LAO SIU LEUNG PAK MEI KUNE

mardi 17 janvier 2017

La norme martiale actuelle

          Existe t’il une unique façon de se mouvoir et de développer des techniques ? Une seul chemin vers l’efficacité ? Une seule méthode de production de puissance ? 
Les normes acceptées par tout un chacun se réunissent généralement autour du même axe. 
Et pourtant..

En effet, de nos jours, une grande majorité de jeunes pratiquants se tournent vers les nouveaux systèmes de combats libres. Acceptés aujourd’hui par tous comme étant « la norme » en matière d’efficacité a pour effet d’en donner une vision réductrice et par là, porte atteinte au développement des arts de combats et des méthodes n’étant pas dans la même lignée de travail. 

Le MMA (mix martial art) et autres combats libres est-il l’unique voie pour arriver à se défendre efficacement dans un affrontement réel ? Je ne le pense pas. 
Attention, ne vous méprenez pas, la question n’est pas de savoir si la pratique du MMA peut ou non rendre un combattant apte à se défendre sur le terrain de la réalité. Il va sans dire que la réponse est bien entendu oui. L
(Je tiens à rappeler pour l’occasion que quelque soit le véhicule emprunté c’est d’abord la capacité de l’homme à l’utiliser qui fait la différence. Ce sujet ayant été abordé plus qu’il n’était nécessaire de le faire, je ne perdrais pas de temps dessus).
  La question est donc plutôt de déterminer si c’est la seule voie de travail. 

Une richesse infinie 
Pour ce qui est de mes connaissances, ne réunissant humblement que les styles chinois, cela prouve le contraire. 
La Chine possède une superficie d’une grandeur de 17 fois celle de la France. Une géographie plus  
varié que ce qu’il est possible d’imaginer : des plaines, des déserts, des montagnes, des forêts ,des côtes... Il est généralement admit qu’il existe entre 300 et 400 styles de kung fu différents. La réalité est bien au dessus. Des styles provenant de non moins 56 ethnies différentes. Chaque style est créé selon un besoin qui lui ai propre. Les styles pratiqués sur les bateaux, dans les rizières... Sont évidement différents des styles pratiqués dans les grandes plaines du nord. 
Bien entendu, je ne considère pas comme étant recevable sur le point de l’efficacité la totalité de ces styles chinois, mais mon intérêt se porte quelques fois sur des styles totalement différents, voir opposés dans le schéma bio-mécanique et tactique. J’ai l’habitude de dire : si ça fonctionne, ça fonctionne !

Nous pouvons donc observer des similitudes entre différents styles provenants de mêmes régions où de mêmes peuplades. Les boxes ethniques Miao sont très similaires , les styles dit de Wudang ont également tous un goût très commun. Les boxes des provinces au fort passé militaire en gardent un 
héritage profond.

D’innombrables méthodes de production de puissance 
Des familles de systèmes bien différents, provenants des quatre coins de la Chine, néanmoins, il existe de grands courants ayant des principes communs comme par exemple les boxes de l’ethnie Hakka provenantes de la province du Fujian, développant la force via une position en arc du dos. 
Il est également possible de créer de la puissance par la taille, de déplacement rectiligne, des mouvements en balanciers ou d’un mouvement de corps créant une force de fouet. 
Il existe donc une fooltitude de manières de travailler et de créer de la puissance. 
De mes années de pratique et de voyages, je fus surpris à plusieurs reprises par des maîtres et des méthodes de productions de force quelques fois complètement opposées. J’en ai donc conclu d’expérience que de nombreux fonctionnements très différents sont recevables. 

Techniquement
Du point de vue technique, comme je le mentionnais plus haut, il faut également prendre en compte le « milieu » dans lequel nous nous débattons. Le pratiquant émérite de techniques de jambes se trouvera en forte difficulté dans un espace clos type sasse de sécurité ou ascenseur. Un lutteur se fera lyncher en cas d’affrontement avec un nombre d’adversaire supérieur à deux. Pour être apte à se défendre en toute circonstance il faut pratiquer un style travaillant les trois distances, le jeu de main, de pied, les clefs articulaire... un style le plus complet possible

La raison de la non popularisation 
La médiatisation joue bien entendu un rôle ultra important dans l’image que tous considèrent comme ce qu’étant le plus valable.

Les revues spécialisés elles, mettent en avant « la mode ». Cette « mode » est dictée par l’argent et le 
sensationnel. La communication autour du MMA et l’argent qu’il génère le met sur le devant de la scène. L’authenticité des vieilles méthodes, n’ayant à ce niveau là (financier) rien à apporter, se font étouffer sous la machine. 

Parallèlement, la pauvreté des informations sur les boxes traditionnelles que l’on peut trouver dans ces mêmes revues spécialisées ne donnent là encore qu’une vision réductrice de l’infinie richesse des différentes voies que l’art pugilistique propose. 
Des dizaines d'années de parution d’articles tournant inlassablement autour des mêmes pratiques, Karaté, Taekwondo, Judo, Taijutsu, Jiujutsu... de mêmes experts abordant les mêmes sujets depuis vitam-aeternam. Lorsque il est abordé un style un peu différent, c’est généralement une « nouveauté » au sens péjoratif où je l’entends, un style créé très récemment n’ayant aucun recule supr le terrain de 
l’efficacité réel. 


Enfin, de ce constat triste, en résulte une pauvreté technique, une perte immense sur le plan culturel et identitaire. Vous l’aurez comprit c’est selon moi un formatage de masse vers le bas. Certainement un reflet de la société dans laquelle nous vivons n’est ce pas... ?

Je conclurai en avançant que les chemins vers le but ultime à atteindre qu’est l’efficacité sont nombreux. Vos normes, ne sont pas les miennes.  

lundi 25 avril 2016

The new self-defense crooks



       Those last few years, a new « tendancy/inclination » in the art of fighting appeared. Quite demonstrative in videos, they rouse the interest of practicioners without experience of fighting in reality. For my part, I found them inconsistent.

Let me explain…

Those different methods are based on softness and extreme relaxation, the « soft strenght ».As far as I am concerned, I would name it the « chewing-gul strenght » The theorie sums up into yielding to the assaults, being as relaxed as possible to absorb punches, and being also all that relaxed in executing your own punches Some very cute and nice theories as long as they stay… theorical. From my point of view, clearly unappropriate in real life defense.

 You can be admirative for those videos (very often filmed during a seminar), an incredible fighter hits totally free-of-tension/relaxed partners. An assistant is waiting gently to get the soft punch in his solar plexus. This same assistant still fully relaxed, keeps on waiting to get bullied in diagonal ways, totally unable to control his balance form his relaxed state. And what about those teachers avoiding knife hits, contorting like modern dancers with the speed of a snail under Prozc? 
At some other times, we can see smaller guys, quite fast, but demonstrating on static people only, that never honestly attack them.
  
The saddest part is that average people stay mouth-opened watching this, very sure they just entered a incredible fighter seminar.

Reality point of view. 
Always be sure to distinct hitting a relaxed body waiting to get hit, and an upset and aggressive opponent, thrown at you full speed, all his muscles tensed as a bow..
In a real fight, the impact power is fundamental.
Some situations allow you to dam up the fight with small punches linked to a loosened state, I name it « micro-bursts ». They work only in one case: when you surprise your opponent: if your potential opponent is taken by surprise, then his body will be relaxed. But in a real aggression, forget it. It won’t be enough.

To understand clearly what I am saying, please imagine the following : did you ever hit unintentionally your tibia when you are not fully awake in the morning? The pain is intense.  Now imagine the last time you fought in your martial art school. The same tibia got the same kind of blow (wich is painfull), but this blow would never have made you out of fight.


I am going to tell you now, for the first time, an anecdote picked up from my own experience. My goal here is not to set an apology of violence, and my anecdotes come for the most part from my job as a bouncer, that I am still working occasionally today in several night clubs.
The violence I had to display was not a choice, but a necessity.


 The story took place two years ago, while I wa visiting a friend of mine, physionomist in a local pub. A few minutes after I entered the pub, I could witness an altercation between the owner of the pub and a client. This client, certainly thinking the owner of the pub (64 years-old) had no valuable reason to ask him not to leave the place with his glass, found nothing better to do than punching him with a powerful right hand, the glass still in his hand. The owner got thrown on the ground, with his left cheek totally broken, as we discovered later, after his surgery and four days in the hospital. My friend and I caught the agressor that was trying to get away. Of course, he was very determined (and accessorly under cocain) and had no intention to let us stop him. From this moment, we both had the feeling to fight with a mad dog. Believe, nor my friend, nor I are young kids in this kind of confrontation. Finally we swipped the guy to the ground and punished him hard. I found myself on top of him, my fingers deep in his throat, holding his trachea. My opponent, his face bloodier than red meat, was shouting at me, promising that once he could stand up, he would kill me. Every time I was loosening my grip, he was trying to stand up, full of blood, leaving me with no choice than hitting him again and again. Finally I made a definitive but necessary solution, an ankle lock that I pushed to the breaking.
 Police took long to come this time, and the altercation lasted something like half-an-hour between the moment it started and the moment he left in ambulance.
We found out later that the unfortunate guy had been out of jail the week before, after five years there for murder attempt. He had attempted to cut the throat of another guy.


This anecdote, quite dark, is there to make you understand and get fully conscious of reality in an extreme situation, with a determined opponent, under drugs, that feels pain in its final form only. Do I expect to stop the action using flabby style? Of course not.

What I am blaming those new styles and their instructors for is that they are trying to sell to impossible as possible. Minimizing movements and lack of energy are two very different things they are trying to sell as one and only.

People entering those seminars show no trace of sweating, and thinking afterwards that it’s possible to train and defend themselves without effort.
And even if starting a fight can be a way to defend yourself, an aggressor really becomes an aggressor when he hits you. We can not build our defense strategy on attacking only. From a realistic point of view, this is too  reducing.

Please, keep this text in mind and always keep a critic eye with the new videos. Always remember that whatever looks too easy and simple hides something.

Now, it's time to practice!


dimanche 24 avril 2016

Les escrocs des nouveaux systèmes de self défense

           Ces dernières années, une nouvelle tendance d’art de combat dit « souple » a fait son apparition. Relativement démonstratifs en vidéo, ils excitent l’intérêt des pratiquants sans grande expérience de la réalité. Je les trouve pour ma part inconsistants.

Je m’explique…

Ces différentes méthodes sont basées sur la souplesse et le relâchement extrême, la force souple...Pour ma part je l’appellerai force chewing-gum. La théorie se résume à céder sous les attaques, à être le plus relâché possible pour l’absorption des coups et d’être tout aussi relâché dans l’exécution des frappes. De gentilles théories sympathiques tant qu’elles restent théoriques. Pour moi, clairement inapplicables en défense réelle.

Vous pouvez admirer dans ces vidéos (bien souvent de séminaire), un incroyable combattant qui frappe sur des partenaires totalement relâchés. Un assistant ou un membre de l’auditoire qui attend gentiment de recevoir le coup de poing relâché en plein plexus. Qui attend toujours aussi relâché de se faire bousculer des deux mains sur des diagonales dont il ne peut contrôler le centre d’équilibre ou encore, l’enseignant qui esquive des coups de couteaux en se contorsionnant comme un danseur contemporain à la vitesse d’un escargot sous prozac.
D’autres fois, de petits gabarits assez vifs mais ne démontrant toujours leur techniques uniquement que sur des adversaires statiques, n’attaquant jamais.
    L’auditoire reste bouche bée après avoir assisté à ce type de démonstration pensant qu’ils ont assistés à un séminaire d’un incroyable combattant.

Du point de vue de la réalité
Faites une distinction claire entre la percussion d’un corps détendu attendant le coup et un adversaire énervé, lancé à toute vitesse les muscles tendus comme des arcs.
Dans un affrontement réel, la puissance d’impact est primordiale.
Il est dans certains cas possible d’endiguer l’affrontement avec de petits coups liés au principe de relâchement, j’appelle cela les micros explosions. Cette méthode fonctionne strictement dans un unique cas : l’effet de surprise. Si le, ou les adversaires potentiels sont pris de vitesse (donc par surprise), leur corps sera détendu. En revanche, lors d’une agression caractérisée et déterminée cela s’avérera insuffisant.

Afin de comprendre ce que j’avance, il faut vous mettre en situation. À qui n’est-il jamais arrivé de se heurter le tibia par mégarde dans le pied du lit le matin au réveil ? La douleur est intense. Par contre, lors d’un combat au sein de l’école, dans une attitude déterminée, l’esprit naturellement prédisposé, ce même choc (bien que douloureux) ne vous mettra pas hors de combat.

Je vais vous faire part pour la première fois par écrit, d’une anecdote tirée directement de mon expérience personnelle. Notez bien que mon but n’est bien évidement pas de faire l’apologie de la violence et que mes anecdotes sont liées majoritairement au travail que j’ai exercé et continu ponctuellement d’exercer dans divers établissements de nuit. La violence dont j’ai dû user à certains moments n’a pas été un choix mais une nécessité.

L’histoire se déroule il y a deux ans, lors d’une visite que je rendais à un de mes amis physionomiste dans un établissement de nuit. A mon arrivée je suis témoin d’une altercation entre un client et le patron du bar. Le client ayant considéré que le patron de l’établissement (âgé de 64 ans) n’avait pas à lui demander de ne pas partir avec son verre, il lui décoche une puissante droite, verre en main. Le patron accusant le coup se retrouve projeté au sol avec, nous l’apprendrons par la suite, la pommette gauche enfoncée nécessitant une opération et quatre jours d’hospitalisation.
Avec mon ami, nous interpellons l’agresseur qui tentait de s’enfuir. Bien entendu, celui-ci déterminé (et qui s’avérera par la suite être sous cocaïne) ne se laisse pas faire. À partir de là, nous avions le sentiment de nous battre avec un chien enragé. Croyez-moi bien, ni mon ami, ni moi ne sommes des lapins de six semaines dans ce genre d’affrontement. Finalement, nous balayons l’agresseur au sol le corrigeant sévèrement. Je me retrouve au- dessus de lui, les doigts plantés dans sa gorge lui saisissant la trachée à pleine main. Mon opposant, le visage transformé en steak haché, me fixait les yeux injectés de sang, m’injuriait, me promettant qu’une fois relevé  « il me crèverait ». Et à chaque fois que nous relâchions l’étreinte, il tentait de se relever, couvert de sang, nous obligeant à y revenir et revenir.... Au bout du compte j’opte pour une solution définitive mais nécessaire, je saisis sa cheville droite y effectuant une clef articulaire que je pousse jusqu’à la rupture...
L’arrivée de la BAC de nuit a été longue cette fois là, l’altercation a duré une demi-heure entre le début et son départ dans le véhicule des pompiers. Sur ce temps, pas une seule seconde il n a fermé l’œil, pas de perte de connaissance, rien.
Il s’avèrera par la suite que notre infortuné adversaire sortait tout juste de prison la semaine précédente ayant purgé une peine de cinq ans d’emprisonnement pour tentative de meurtre. Il avait tenté de trancher la gorge de sa victime à la sortie d’un lycée de notre région. 

Cette anecdote, assez glauque, est destinée à vous faire prendre conscience de la réalité d’une situation extrême, mettant en scène un adversaire déterminé, sous produit, qui ne sent la douleur que dans sa dernière expression. Si j’imagine une seule seconde à ce moment-là pouvoir endiguer l’action usant de styles mollassons ? La réponse est bien entendu non, à aucun moment.

Ce que je reproche donc à ces nouveaux styles et instructeurs est qu’ils essaient de vendre l’impossible comme étant possible. L’économie de mouvements et le manque d’énergie dans l’application des techniques sont deux choses très différentes qu’ils tentent de faire passer pour unique. Les stagiaires des séminaires de ce type ne versent pas une goutte de sueur lors du stage et pensent après coup qu’il est possible de s’entrainer et de pouvoir se défendre sans efforts. De même, bien que démarrer une action puisse être un acte de défense, une agression est quand même majoritairement considérée en tant que telle  quand l’agresseur vous porte des coups. Nous ne pouvons pas miser l’ensemble de notre défense sur notre attaque en tentant de prendre par surprise un adversaire relâché. Du point de vue de la réalité, c’est très réducteur.
Malgré tout, afin de tenter de faire l’avocat du diable, je dois avouer que je ne suis même pas certain que ces enseignants soient, pour la majorité, conscients de l’irréalisable de leurs techniques...  Et dans les cas où ils le sont, je trouve cela gravissime, nous sommes confrontés à une fraude et une escroquerie caractérisée.

S’il vous plaît, dorénavant gardez ce texte en tête et regardez toujours avec un œil critique les videos qui sortent. Gardez toujours en mémoire que si ça paraît trop simple, c’est souvent qu’il y a anguille sous roche.


Maintenant, retournons pratiquer !  

jeudi 7 avril 2016

Soldat, artiste martial, même pratique ?



           Nous avançons généralement et à juste titre que nos pratiques martiales descendent directement des pratiques des anciens soldats chinois. C’est un fait que l’on ne peut nier, mais est ce uniquement le cas ? Quelle partie exactement ? Et cela sans aucune transformation ?

L’artillerie que nous utilisons est identique. Les armes utilisés sont les mêmes, mais pratiquées de façons différentes.
Lorsqu’au champ de bataille, 3000 ennemies se font front, nous n’allons au contact en combat singulier qu’en dernier recours, lorsque les flèches, et canons ont fait le ménage. Lorsque l’unité attaque, c’est en rang. Dans ces conditions, il n’y a pas de place pour les mouvements giratoires, trop amples ou très compliqués. Le soldat joue sa vie au bout de sa lance, avec la peur au ventre. Dans ce cas là, n’imaginons rien de bien fleurie, que du pratique.

En effet, lorsque nous analysons les entraînements militaires des anciennes Dynasties chinoises suivant les textes historiques tels que Wu Bei Yao Lue 武備要略 ou encore le Lianbing shiji 練兵實紀 décrivants précisément les techniques, nous pouvons constater des techniques linéaires, simples, directes et pratiques. Rien d’élégant au sens fleurie de la chose, pas de sauts, pas de WuShu moderne en somme... Juste la beauté d’un geste simple, pratique et bien exécuté.

Contre toutes attentes, les arts martiaux tel que nous les pratiquons aujourd'hui sont relativement récents, c’est un fait qu’il faut accepter. Ils sont un mélange de pratique de Mai Mo (conf l’article : A la découverte des Mai Mo) allié à un sens martial pratique et une petite, très infime partie de l’art de guerre militaire à proprement parler. Ils sont constitués de reprise de mouvements pratiques, ajoutés à des mouvements plus esthétiques. Les techniques sont majoritairement basées sur le duel, ou contre un nombre d’adversaire restreint et en tout cas jamais pour être utilisés en groupe, dans une unité militaire, entouré d’autres soldats épaule contre épaule.

Exemple de formation d'une unité sous les Ming 
Notons également que les soldats de l'époque étaient vêtu d'amures pour un certain nombre. Il est probable que le port d'armures rendait impraticable un certains nombres de mouvements de nos formes actuelles. 

De réelles différences indéniables 
Pour exemple, prenons la pratique de la lance Qiang. La longueur correcte d’une lance est prise de nos jours bras tendu vers le ciel, pointe de l’arme touchant l’intérieur de la paume. C’est la taille généralement rencontré afin de pouvoir exécuter convenablement les mouvements de nos formes actuelles. Dans le Huang Shao Liqi Tushi 皇朝禮器圖式,le règlement de l’armée verte des huit Bannières, la longueur des lances se situe entre 3m et 4,5m de long.
Pour un pratiquant de mon gabarit (1.92m) la longueur adéquate de lance est de 2,30m... Étant d’un gabarit bien plus grand que n’importe quel chinois de n’importe quelle province, nous restons tout de même bien loin du compte.
 
Soldats de l'empeureur Qian Long sous les Qing. Notez la longueur des lances
Cela s’explique de plusieurs façons. Il va de soit que nous ne défendons pas exactement de la même manière un village pillé par un groupe de 50 bandits de grands chemins que contre une armée de 300 000 hommes entraînés,  en nombre égal, pourvu de matériels avancés dans des plaines dégagées. Les soldats sont placés en ligne, les lances leur permettant de garder les ennemies à une distance correcte. Les mouvements des lances passants dans le dos ou autour de la tête ne trouvent pas leurs places ici. Avec une telle longueur de lance, c’est de toute manière totalement impossible.

Autre exemple, la pratique des couteaux papillons. L’utilisation des couteaux papillons Hudiedao 蝴蝶刀 était rependue parmi les soldats du sud de la Chine du 19em siècle. Ayant une expérience de la violence réelle, j’ai du mal à imaginer un soldat faire tourner ses couteaux dans ses pouces à l’aide de la garde au beau milieu d’une technique lors d’un vrai combat... Ayant toute les chances de rater son mouvement et de perdre ses armes au sol.

Qu’en est-il de la pratique main nue ? De nos jours, la majorité des écoles portent un intérêt plus prononcé au combat en corps à corps relayant la pratique des armes à la seconde, voir troisième place derrière les exercices de respirations et de santé comme le Qi Gong. Le leitmotiv motif de la plupart des pratiquants étant d’apprendre à se défendre. Ici encore, c’est une différence notable avec la pratique des soldats chinois antiques.

 Dans son Ji Xiao Xin Shu 紀效新書le général Qi Jiguang met bien en avant que la pratique du combat main nue n’est quasiment d’aucune utilité sur le champ de bataille. Remettons nous toujours dans contexte, 100 000 hommes armés, vêtu d’armures, de casques....si le soldat perdait son arme...s’en était fini pour lui.
Pour autant, il forme tout de même ses soldats à la pratique d’un enchaînement en 36 postures qu’il cite être « uniquement pour l’exercice physique des troupes ».


Vous pouvez donc vous rendre compte une nouvelle fois des différences flagrantes entre la pratique des arts martiaux dans l’ancien temps avec la manière dont nous les pratiquons de nos jours. 

lundi 21 mars 2016

Tradition orale,histoire, légende... Un problème de véracité


Aujourd’hui, brisons quelques mythes.

         Je pense être en mesure de pouvoir avancer que j'aime plus que qui conque les légendes
et mythes issues de la culture des arts martiaux. Côtoyant des maîtres régulièrement et étant en recherche constante sur l’histoire des guerres dynastiques chinoises et de leurs techniques, j’ai pu remarquer des incohérences entre la tradition rapportée oralement et les faits historiques.
 Les anglais, dans la richesse de leur langage, font une distinction claire entre la notion d’histoire au sens romanesque et l’histoire au sens propre. Ils utilisent les mots de « story » pour le premier et « history » pour le second. Intéressons nous à l’ensemble, écoutons donc les histoires (au sens légendaire), mais portons plutôt notre attention sur l’Histoire avec un grand H.

En effet, certaines théories se colportent de façon systématique dans le milieu des arts martiaux. Les gens répètent généralement sans le moindre sens critique ce qu’ils ont entendu. Si vous recherchez au delà de ce qu’il est transmis de façon systématique, vous ne tardez pas à réaliser l’étendu du fossé existant entre les faits historiques, (basés sur des registres historiques officiels) et la tradition orale

Nous rencontrons dès lors plusieurs problèmes :
  •   Il est fréquent que les époques ne concordent pas avec les faits avancés.
  •     Que la création des styles soit attribué à un personnage n’ayant jamais existé.
  •     Que des liens soient faits vers des lieux fameux n’ayant aucuns rapports.
  •     Qu’il soit colporte des idées grotesques en total inadéquation avec la réalité historique de l’époque etc....
Toutes ces incohérences perdurent, se répétant inlassablement. Tentons svp d’y mettre fin. Cessons de colporter des absurdités en les vendant comme historiques ou logiques.  

Afin d’argumenter ce que j’avance, je vais vous exposer certaines idées reçus très largement répandu. 

- Les histoires des différents styles sont tout bonnement à 80 pourcents du temps totalement inventés. La raison est simple, la promotion du style. Il est bien plus vendeur de raconter à ses disciples que les techniques qu’ils pratiquent proviennent d’un ancêtre secret, recherché par le gouvernement, qui a tué mille hommes et qui s’est réfugié dans une grotte y méditant 5 ans observant les singes de la montagne se faire la bataille (!), que de dire que c’est lui qui vient de les créer combinant les enseignements conjoints de son oncle et du chef de la milice de son village natal. Les personnages ne sont pour la plupart du temps jamais historiquement identifiables.

- Autre cas, les lignées vietnamiennes se proclamant descendantes des techniques de boxes du fameux temple de shaolin et s’arguant d’un système vieux de 300 ans d’âges. Alors que vous pouvez voir clairement que les enchaînements n’ont que très peu avoir avec les arts martiaux chinois pratiqués respectivement dans la province du Henan pour le shaolin du nord et du Fujian pour ceux du sud. Qui plus est, grâce à des textes antiques tel le traité de la dynastie Ming du fameux général Qi Jiguang le Nouveau Registre Des Techniques Efficaces « Ji Xiao Xin Shu 紀效新書 » décrivant clairement les styles pratiqués à son époque et surtout de quelle manière ils l’étaient, à savoir, majoritairement un seul enchaînement relativement long en comparaison de ce que nous pratiquons de nos jours.

- Des idioties également sur la pratique des armes. Nous colportons des absurdités simplement parce que nous ne connaissons pas la réelle utilité de certains accessoires. Je ne peux compter combien de fois j’ai lu sur différents forums, sur des sites spécialisés sur les arts martiaux chinois que le « pompon » placé à l’extrémité des lances est là pour distraire  l’adversaire ! ??? Alors que le « pompon » est en réalité un pare sang. Remettons nous dans le contexte ... Visualisez une armée de 3000 soldats face à 3000 autres, les lances en avant, la peur au ventre... Pensez vous sérieusement que ce crin rouge, va distraire quoi que ce soit lorsque tous ce petit monde va charger sauvagement ? Pour en rajouter, une tête de lance possède une épaisseur de deux centimètres maximum, la rendant difficilement percevable (rappelons que le mouvement de pique directe est la technique essentielle). Si l’objectif d’y ajouter un pompon rouge en son extrémité était réellement de distraire, elle aurait eu l’effet inverse… à savoir, la rendre plus visible.


Son utilité était donc de stopper la plus grosse partie de la coulée de sang le long du manche. Cela l’aurait rendu très glissant et aurait mît les soldats dans des positions très compliqués. Personne n’a envie de perdre son arme sur un champ de bataille lorsque sa vie est accroché à elle.

- Autre exemple, le foulard attaché aux pommeaux des sabres. Certainement une invention dès Mai Mo (les maîtres démonstrateurs de rue très rependu durant les années 30. Voir l’article « A la découverte des Mai Mo ») ayant pour but de rendre le show plus coloré. Lorsque nous étudions les peintures des dynasties passés, nous pouvons y voir des cordons noués en boucle passant au travers de la poignée des épées et des sabres. Leur utilité, une fois attaché au poignet du soldat, était de le prémunir de la perte de son arme dans la cohue générale.
Photo agrandie, notez le cordon attaché au poignet 

Officier Qing, San Yinku   三音

Officier Qing, Ba Ning A    阿. Vous pouvez constater que le cordon passe dans la poignée. Il n'est pas attaché au pommeau comme les foulards d'aujourd'hui.

Notez que… cela indique également que les styles internes clamant que leurs formes d’épées au pompon long d’un mètre ne sont pas si anciennes qu’ils le laissent entendre...

- Un petit dernier pour la route. Les anneaux le long de l’arrête dorsale des sabres étaient eux aussi certainement une invention des Mai Mo dans l´intérêt artistique de leur show. Ces anneaux ne sont décrits dans absolument aucun texte ancien d’aucune période. Aucune peinture ne les représente également. Tenter d’impressionner l’ennemi en additionnant 9 anneaux sur votre sabre… alors que votre sabre fait déjà un mètre de long… je suis perplexe.

Voici donc quelques exemples afin d’essayer d’expliquer qu’il ne faut rien prendre pour vrai dans les arts martiaux issues de la tradition orale sans preuves historiques étayés.  


En conclusion
Comme vous pouvez le constater ci dessus, les récits oraux sont vraisemblablement la majeur partie du temps un mélange de faits historiques, de mythes et de légendes. Si vous désirez réellement vous instruire maritalement parlant, écoutez les histoires, mais gardez toujours votre sens critique. Lorsque l’histoire avec un grand H n’apporte pas de réponse clair, tirez des conclusions qui vous semblent probables, évidentes et sans fantaisies.          
En ce qui concerne la partie technique, jugez avec l’expérience acquise de vos séances de sparring.



jeudi 17 mars 2016

La cérémonie du Bai Si 拜 師 : Introduction d'un nouveau disciple. Significaion et description

              Dans de précédents articles « L’apprentissage dans la tradition » et « Maîtres élèves et trahisons », j’avais succinctement abordé le sujet de la cérémonie du Bai Si. Je vais ici en donner la signification exacte et en décrire le déroulement dans le détail.

Cérémonie de disciple de mon élève Alberto Rossitto de Turin, Italie
Tel que je l’ai mentionné à plusieurs reprises dans divers écrits, l’école de kung-fu est basée sur le model de pensée traditionnel confucéen. Il n’a jamais existé en Chine de passage de grades, de ceintures différentes ou tout autres avancements de ce type. L’école était basée sur le model de la structure familiale. Le grand maître étant le grand père, le maître le père, l’élève avancé le grand frère, la nouvelle recrue le petit frère etc… Chacun connaissait sa place et respectait de fait, sa position.

Néanmoins, une différence se faisait envers les élèves ; on les distinguait de deux sortes : les Sihings (grands frères) et les Sidai (petits frères).
Le maître formait généralement une première génération de disciples en qui il incombait la tâche par la suite, de former la base des nouveaux arrivants jusqu'à l’obtention d’un niveau déterminé par le maître. Suite à cela, l’enseignement direct pouvait débuter.
Généralement, après un certain temps de pratique, le maître manifestait son désir à l’étudiant de l’introduire dans son groupe d’élèves plus proches, ses disciples. Ces derniers accédaient aux techniques plus avancées, à des exercices collants plus à leur niveau désormais atteint, aux textes anciens… bref, aux « secrets » du maître.

Pour ce faire, il fallait passer la cérémonie du « Bai Si »
La cérémonie Bai Si était une cérémonie d'entrée, qui donnait accès aux enseignements en porte fermé . Elle était une chose sérieuse, que l'ont ne prenait pas à la légère. Elle se voulait être un pont de rapprochement entre le maître et l’élève ou l’affectif jouait un rôle prépondérant. Le disciple donnant allégeance au maître qui à son tour l'acceptait à valeur égal d'un fils. 
En ce sens, rappelons que le terme pour définir le maître est Sifu .
Composé de deux caractères: Si  (maître) et Fu 父 (père). La définition est donc Maître/père, un mentor.

L’élève aspirant devait remplir plusieurs conditions, ici aussi, déterminés par le maître. Il est difficile de définir avec précision les critères à remplir, ceux-ci étant fixés par chaque maître dépendamment de leur caractère naturel. Cependant, les conditions d’entrée englobaient généralement et à égale importance, le niveau technique et l’étique morale. La loyauté était souvent un critère de choix. Dans le contexte historique, les écoles étaient souvent rivales, les maîtres portaient une attention particulière au contrôle de leurs élèves... et de leurs techniques.
Il était donc question d’un respect mutuel, mais surtout d’un acte d’implication. L’élève témoignait par ce biais son désir de continuer plus profondément dans l’apprentissage, de sa volonté et de sa loyauté. L’acceptation du maître prouvait de la confiance qu’il témoignait envers son élève ; chose qui au regard d’un étudiant dévoué est immense.

Déroulement du Bai Si  

Autel en l'honneur de Sigung Lao Siu Leung
Les caractère chinois utilisés pour le Bai Si sont: 
Bai: signifie saluer, se courber  Si 師 signifie le maître. L'étudiant donne donc allégeance au maître.
Certaines écoles appliquent le Bai Si en porte fermé, avec seulement l’élève aspirant, d’autres, avec les anciens disciples et autres élèves en fonction de témoins. La cérémonie que je vous présente ici est celle tel que pratiquée dans notre lignée de Pakmei de Foshan.

La veille de la cérémonie, l’autel des ancêtres a été consciencieusement nettoyé. Les offrandes sont déposées pour les générations passés, fruits (de couleur rouge, orange ou jaune), riz bouilli, fleures, baguettes…. Trois tasses sont disposées, contenants eau, alcool de riz et thé.

Les trois tasses, l'encens, les offrandes...
-  Le maître débute le cérémonial. Il brûle trois encens, se prosterne trois fois. L’encens est brûlé en l’honneur des ancêtres, en témoignage du respect que nous leur portons. En chine, le chiffre trois est important, il représente la trinité ciel, homme, terre. Le maître prend alors place sur la chaise disposée devant l’autel.
L’élève aspirant va préparer le thé. Pendant ce temps, les autres disciples présents font brûler chacun leur tour l’encens en l’honneur des ancêtres.
 -  L’élève aspirant présente maintenant l’encens. Ensuite, il s’agenouille devant le maître, présente la tasse de thé et respectueusement formule « Sifu, Yam Cha » (maître, bois le thé). Le maître prend la tasse et boit trois gorgés. Puis, il déverse le reste du contenu de la tasse sur l’autel. Acte symbolisant le partage avec les ancêtres, les prenant ainsi à témoins de l’acceptation du nouveau disciple.

Sifu "Yam Cha" (Sifu, bois le thé)
 - Le nouveau disciple présente une enveloppe rouge dans laquelle il a préalablement déposé un peu d’argent.
Le maître prononce quelques mots personnels pour l‘élève et lui remet un dossier avec quelques matériels relatifs au style et à l’école.

Dorénavant, l’élève fait intégralement partie de la famille Pakmei de Lao Siu Leung.

Quatre de mes sept élèves proches ayant effectué la cérémonie
Les disciples n’ont pas plus qu’avant pour obligation de suivre un entrainement acharné. En revanche, comme précités plus haut, ils ont désormais accès à d’autres types de connaissances si ils le désirent.

Il est normal qu’après un temps de pratique important, les élèves décrochent. Rien de mal à cela. Cependant, lorsque le maitre à besoin de ses disciples, ils répondent toujours présents et seront éternellement les bienvenues... 

jeudi 17 décembre 2015

L'utilité du mannequin de bois, loin du fantasme.

Le mannequin de bois.

Dans le vaste monde du kung fu chinois, il existe selon les différentes écoles des matériels spécifiques au développement de certaines qualités. Les divers sacs de frappes, les jarres lestés, les poids en formes de cadenas....etc, dont le plus représentatifs des styles du sud et le plus connu : le fameux mannequin de bois.  

J’ai pu observer durant mes 23 années de pratique que de nombreuses personnes fantasment la partie pratique de l’entrainement sur le mannequin de bois. Ces personnes le perçoivent comme l’entrainement ultime, une sorte de Graal. J’ai pu observer ce fait augmenter suite au premier volet de la trilogie cinématographique Hongkongaise « Ip Man » comptant les aventures imaginaires du fameux maître de Bruce Lee.

Bien sûr pratiquer sur le mannequin c’est fun, mais est-ce réellement si important que ça ? Ou plutôt son intérêt est il aussi « profond» ?
Permettez moi de vous donner mon avis sur le sujet. Je sais dors et déjà que cet article ne réjouira pas les « vendeurs de secrets », les experts ayant basés leur business sur « le diamant du Wing Chun » qu’est la forme « secrète » des 108 mouvements du mannequin de bois que vous pouvez aujourd'hui trouver n’importe où sur YouTube. Donc pour ces personnes, « pardonnez moi par avance »... Ou pas  :)

Premièrement il faut savoir que dans les arts martiaux chinois, il existe toutes sortent de mannequins différents. Ils ont des designs différents, et à l'exception de celui en acier, sont tous étudiés pour développer le même principe dépendamment du style pratiqué. En Pakmei de Foshan nous avons également le notre.

Selon moi, le mannequin n’est qu’un outils. Je ne le qualifierai pas d'inutile mais plutôt d’ayant une utilité limité. Je rajouterai qu’il n’est utile qu’à un certain moment de notre apprentissage.

Je ne vous apprendrez rien en vous rappelant que dans la pratique, il est trois phases de progression se succédant :
  •          Le niveau débutant
  •      Le niveau intermédiaire
  •          Le niveau avancé

Le débutant doit s’évertuer au travail de base, de positionnement, de déplacement, de compréhension des coups et enchaînements classiques inhérents au système qu’il étudie. La pratique du mannequin ne lui ai d’aucune utilité.

Le pratiquant intermédiaire lui, rentre dans la compréhension des mouvements de ses formes, et c’est à ce moment là que l’étude du mannequin devient intéressante.

Le pratiquant avancé lui, à dépassé ce stade et l’entrainement au mannequin ne lui apportera rien de nouveau.
  
Je m’explique.
La première chose à comprendre est que le mannequin n’est et ne doit rester qu’un outils de développement de certains principes.
Est-il réellement utile au conditionnement des avant-bras? Pas outre mesure puisque son but premier est l'enchaînement des techniques appliquées avec fluidité, sans réels chocs durs. Pour exemple, le modèle classique de type Wing Chun possede du jeu. Un jeu dont l’utilité est justement de ne pas se heurter trop solidement lors des impacts, le rebond amortissant le choc. C’est également le cas pour la plupart des différents types de mannequin à l’exception du mannequin de fer, qui peut éventuellement servir au travail de durcissement des mains et avant bras.

Mannequin de type Choy Lee Fut avec bras à ressort
et bras à hélice sur la partie supérieure  
Mannequin de type Wing Chun, classaique





















Mannequin ici en bois, mais que j'ai déja pu voir
en acier pour l'endurcissement des écoles de Hung Gar

Ce mannequin de bois est très proche de notre
 mannequin tournant en acier





















Il sert majoritairement à développer la compréhension des techniques de celui qui l’utilise, ses combinaisons d’attaques et de défenses. L’adepte doit tenter de réfléchir au sens pratique des mouvements de ses formes en les appliquant sur le mannequin.
Le mannequin développe donc certains automatismes mais attention, automatismes quelquefois biaisais par le manque de mouvement. Il est donc un outils de réflexion, un adversaire statique sur lequel nous pouvons nous exercer, pas plus, pas moins.
Son utilisation est limité, ceci dû au fait qu’il est justement statique. Il ne réagit pas comme un adversaire humain qui accuserait les coups. Il ne travail pas non plus la distance car n’étant pas en mouvement. Il ne fait que recevoir les coups mais n’attaque pas et n’avance pas à notre encontre. Le mannequin n’est donc réellement utile selon moi qu’en cas de pratique en solo, lorsque nous n’avons pas de compagnons d’entrainement.

Conclusion
Ne vous méprenez pas, cet article n’a pas pour but de fustiger la pratique du mannequin, mais plutôt de le remettre à la place où il doit être. Il est utile aux pratiquants de niveau intermédiaire cherchant à réfléchir au sens pratique de leurs mouvements tentent de créer des enchaînements, mais sera rapidement obsolète ne répondant pas à toute les exigences qu’un combat réel réclamera.

Bien entendu, si vous possédez dans votre système un enchaînement spécifique, travaillez le, mais ne misez pas l’essentiel de votre travail dessus.
Et souvenez vous qu’aucun outils, d’aucune sorte, ne remplacera jamais un bon adversaire en cher et en os car tel le disait un certain Bruce Lee « Le bois ne rend pas les coups ».